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Durée : 2 jours, le samedi 10 et le dimanche 11 septembre 2021

Discipline : alpinisme rocher

Lieu : Massif du Néouvielle

Noms des courses :

Samedi :  

Néouvielle – Immortéla (300m, TD) – cordée 1

Muraille sud du Ramougn - Raisins d’ours (D-, 150m)  – cordée 2 et 3

Muraille sud du Ramougn – voie Dedieu (TD-, 150m) – cordée 4

Dimanche :

Muraille sud du Ramougn – Barjoland (TD, 250m)  – cordée 1

Muraille de cap de long – Insoutenable légèreté de l’être (TD-, 130m)

Muraille de cap de long – Embarquement immédiat (TD-, 200m)

Encadrants : Alexis COURNET, Sophie COUSTANCE, Jean-François ROCA, Fabrice LASCOURS

Participants : Samy, Grégoire, Ivan, Corentin, Tristan, Thomas.

Conditions météo : ciel bleu, auréolé de quelques cumulus.

Lien photos :

https://photos.app.goo.gl/7Cq62PKp2ffvAmfV6

Descriptif général :

L’objectif de la sortie est de proposer plusieurs voies de difficultés variées dans les nombreuses possibilités que propose le massif enchanteur du Néouvielle : muraille sud du Ramougn, Pic du Néouvielle, Pic d’Espade et muraille de Cap de long. Le type d’escalade peut aller du terrain d’aventure total (sans la moindre marque d’éléments artificiels), à la grande voie équipée (voie spitée intégralement) en passant par la voie semi-terrain d’aventure (un ensemble de spits et de pitons à compléter par des protections).

A la faveur de la présence de 4 encadrants, un groupe plutôt nombreux pour ce type de sortie et constitué de 6 stagiaires a répondu présent à l’appel du rocher en altitude de la vallée d’Aure. Une météo très favorable est au rendez-vous malgré les violents orages de la semaine et la pluie abondante et obstinée qui martèle le parebrise de nos voitures au cours du trajet aller.

Nous décidons d’établir un bivouac au niveau des cabanes d’Aubert, sur cette zone privilégiée où il est toléré de prendre nuitamment ses quartiers entre 19h et 9h.

Le vendredi soir, au cours du moment du montage des tentes et de l’allumage des réchauds, le groupe fait connaissance et les cordées se constituent en vue des courses du lendemain.

Au petit matin, la nuit toujours présente, fait briller les innombrables étoiles avec une nette clarté. La journée promet d’être belle et généreusement ensoleillée, et par ailleurs exempte de prévision d’inquiétants orages.

Frontales vissées sur nos têtes, nous prenons à bon rythme la direction d’un col, le pas du gat, permettant d’accéder au pied de la muraille sud du Ramougn et de la face sud du Néouvielle. Depuis, ce point remarquable, les lueurs orangées d’un soleil matinal rasant nous réchauffent le corps en même temps qu’elles révèlent les perspectives verticales enthousiasmantes de la journée.

Une première cordée s’élance et longe les pentes de la muraille et s’équipe au pied de la face sud de l’Immortela. Une cordée de grimpeurs espagnols la précède, profondément motivée puisque venue de San Sébastien pour le week end afin de réaliser cette course assez récente (2012) mais mythique et attractive.

L’escalade se déroule sur un rocher d’une qualité remarquable et d’un grain fin et adhérent qui n’est pas sans rappeler le granite des Aiguilles de Sialouze, sommet notoire du massif des Ecrins. La nature semi-équipée de la voie permet à chacun de réaliser des longueurs en tête et de poser des protections (friends et coinceurs), en bénéficiant pour autant de la sécurité de relais réalisés sur spits. Une longueur (6a) est cependant dénuée du moindre spit et se prête merveilleusement à une escalade de fissure et de pose de protections facilitée. Le final de la voie est constituée d’une arête sommitale esthétique et qui permet d’assister au fabuleux spectacle des beautés du massif : immenses blocs rocheux aux lueurs chaudes et douces, exceptionnels lacs suspendus aux atours bleu profond et turquoise, nombreux arbres rassemblés au vert vif et à la forme méditerranéenne.

Trois autres cordées s’élancent sur les faces semi-aseptisées de la muraille sud, avec les voies Raison d’Ours et la voie Dedieu. L’escalade est très agréable et rapide.

De retour au bivouac d’Aubert, il est l’heure de partager les émotions de cette riche journée autour de quelques verres bonhommes, au moment de l’incontournable apéro. Puis, les projets de dessinent plus concrètement pour le lendemain. La prévision d’un orage dans l’après-midi milite pour une stratégie de course courte. Le Grand Pic d’Espade sera remis à plus tard. Les cordées jettent ainsi leur dévolu sur des courses aux marches d’approche limitée.

Une cordée décide de plonger dans l’océan minéral de la voie Barjoland qui ne comporte qu’un seul piton en son sein. Les indications du topo se confirment être affreusement ou délicieusement, selon les goûts de chacun, laconiques et imprécises. C’est alors que la cordée devra se fier à son expérience et, faut-il l’avouer, à la chance de parcourir un itinéraire tout aussi non référencé qu’exceptionnellement beau. Arrivés au sommet avec joie et un certain soulagement, la cordée entreprend une descente rapide avant de s’accorder une baignade dans les eaux cristallines et vivifiantes du lac d’Aubert.

Les deux autres cordées ont maille à partir avec le très beau granite des voies de la muraille de Cap de Long avec l’Insoutenable légèreté de l’être et embarquement immédiat. La encore, chaque cordée évolue en réversible et permet généreusement à chacun de grimper en tête.

Afin de clôturer la journée, les cordées se retrouvent au bar du Garlitz, idéalement situé au pied du barrage de Cap de Long afin de revivre de loin cette fois, mais avec une intensité psychologique intacte, l’aventure secrètes renfermées dans les lignes de la paroi que chacun a pu emprunter.