Etoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactives
 

Pour être sûr de faire du bon ski en cette fin 2019 anticyclonique, il faut viser les bonnes orientations, à la bonne heure.

Du refuge de Bachimana, nous remontons les pentes ouest des pics de Serrato, jusqu'au col perché à 2757 m. Le soleil nous y acueille. En crampons, il est facile d'atteindre le sommet du petit pic de Serrato. Le point de vue y est magnifique, et la descente face est évidemment parfaite en neige déjà décaillée, jusqu'au pied de cette pente régulière : excellent pour une mise en jambes !

Le suite se passe encore au soleil, dans une sorte de "tube" qui descend vers le lac de Bramatuero. Toute la première partie est descendue en festons, sur les contrepentes ensoleillées du tube, sous des corniches et congères formées par le vent en haut de ce micro-relief, un pur régal ! La partie à l'ombre doit être jouée "fine" pour éviter la place et aller chercher la "vieille poudreuse".. ça se joue à quelques degrés d'orientation près..

Nous laissons à main droite le col de Letrero et descendons presque jusqu'au lac, où nous retrouvons le soleil. Presque, parce que le projet suivant, évident, est de monter au petit pic d'Aratille pour skier cette face régulière et bien orientée. 

Après quelques conversions, la neige "chassant" sous les skis et la pente se raidissant, je décide de continuer en crampons. ça demande pas mal d'efforts, mais ceux-ci sont récompensés au sommet par une vue à 360° des 2 côtés de la frontière. Par rapport à Bachimana, nous nous sommes encore rapprochés un peu plus du Vignemale, dont la face ouest, en partie visible seulement, est impressionnante.

L'horaire est parfait pour une longue descente de rêve, du bon 35° en neige décaillée, que demander de plus ?

Nous poursuivons jusqu'au lac de Bramatuero, que nous traversons. Une très courte remontée nous amène au refuge, qui est bien un refuge de secours : propre, mais spartiate en hiver : une petite pièce en béton, des degrés, un étage avec un simple plancher. Pas de table, pas de chaise, pas de cheminée. Spartiate, je vous dis !

Il est temps de descendre, l'ombre commence à envahir le vallon. C'est impressionnant à quelle vitesse le manteau neigeux "resserre" dès lors qu'il passe à l'ombre. Nous traversons le lac Bajo de Bramatuero sans peaux et, moyennant une courte remontée en escalier, nous pouvons nous laisser glisser, au soleil à nouveau, vers notre piste de skating préférée, le lac de Bachimana, puis le refuge.

Ce soir, c'est réveillon, avec, pour nous, un coucher à 21h. Les Espagnols, dont certains sont montés au refuge juste pour la soirée, ont la courtoisie, dans la salle commune, de ne pas faire trop de bruit.

Nous nous réveillons en 2020, il faut fêter l'événement, nous allons le faire à notre manière, en gravissant un "3000", le Garmo Negro. Après la montée dans l'ombre la veille, c'est au soleil que nous progresserons vers le sommet. Itinéraire pas évident, car il faut traverser longtemps à flanc, avec des thalwegs et des croupes où il faut tantôt monter, tantôt descendre pour se retrouver dans un cirque situé entre les Banos de Panticosa et le Garmo Negro.

Un couloir nous permet _ du moins le pensons-nous_ de gagner du temps vers les pentes supérieures. Une traversée vers l'ouest nous fait accéder au passage vers le cirque supérieur, dominé par les 3000 d'Argualas, Algas et Garmo Negro. J'avais déjà parcouru toute la crête en été, un bien joli moment..

La dernière pente nous amène au sommet, et nous permet de découvrir les faces ouest et sud des Picos del Infierno, magnifiques et très faisables à skis / crampons, moyennant un bon niveau. Des skieurs-alpinistes y sont d'ailleurs engagés, 3 sont sur la crête sommitale.

Déjeuner panoramique au soleil, en compagnie d'un  lévrier-alpiniste répondant au nom de Bikila, en l'honneur d'Abebe Bikila, vainqueur du marathon de Rome en 1960, et qui courait pieds nus... comme notre ami à 4 pattes, qui gravit les pentes et les couloirs avec facilité !

La première partie de la descente tient toutes ses promesses. La partie intermédiaire est trop trafolée par les multiples passages des skieurs fréquentant ce sommet depuis Pantocosa. Une courte remontée nous permet en revanche de descendre en traversée les thalwegs et croupes chèrement gagnés ce matin, un terrain joueur très agréable. La vue du refuge est réconfortante. Une douche, un chocolat et un coucher de soleil achèvent cette belle première journée de l'an 2020...

Les photos : https://photos.google.com/share/AF1QipO4GEeEkimXawf4eyVMTlWtjKruhh845aZh35WvyCIRsPem56I5oVuiJJzNwaaXug?hl=fr&key=S1EtZ0F1dl9jcUlmQ0F5QzF1OEU5NXg2dlJmRkNR

Les traces : https://connect.garmin.com/modern/activity/4388745285 et https://connect.garmin.com/modern/activity/4388749797 (les dénivelés sont faux)