Durée : du samedi 3 au 4 février 2024

Discipline : ski randonnée et  alpinisme

Lieu : Vallée d’Aure

Encadrants : Alexis COURNET / Jordi CHINAUD

Participants : Bruno SERRAZ, Alain MATA.

Conditions météo : anticyclone puissant. Chaud et sec.

Conditions nivo : (risque 1 à 2). Niveau de neige globalement déficitaire.

Samedi : neige dure le matin, moquette l’après-midi.

Dimanche : neige meuble, parfois molle en face ouest.

Lien photos :

https://photos.app.goo.gl/D2gczm7Xn157Mxkd8

Lien relive :

https://www.relive.cc/view/vr63QQ87Zdv

Sommets :

Samedi : Ski de randonnée. Col de Pene Blanque (D+ 900m env) depuis Piau Engaly.

Dimanche : Alpinisme mixte, neige et rocher. Eperon Fischesser menant au Pic de Campbieil (3173m). Nveau D. D+/- : 1300m.

Descriptif général :

Alors que les températures de ce mois de février affolent le mercure  et que le manteau de neige se réduit inéluctablement à peau de chagrin, Jordi et moi décidons de maintenir malgré tout l’organisation de l’ascension de l’Eperon Fischesser, vaste et imposante étrave rocheuse menant au Pic de Campbieil (3173m). Nous bénéficions de deux partenaires de choix, Bruno et Alain, skieurs et alpinistes aguerris.

Pour la journée de samedi, nous nous laissons séduire par une balade assez courte et de mise en jambe. Cap sur le col de Pene Blanque, situé au sud est du Port de Campbieil. Un soleil vif et intense nous accompagne dès nos premiers mouvements. La neige demeure pour le moment regelée et portante. L’ascension se déroule sereinement et permet à chacun de laisser planer son regard sur les crêtes plus ou moins lointaines. Assez proche, le Pic de la Gela. Plus loin, les pics espagnols enneigés. Nous terminons avec joie cette montée à ski avec une pente large  prononcée (30 degrés) qui semble d’une excellente augure pour la descente qui s’ensuivra. Depuis le col, la vue sur le cirque de Troumouse est sublime et appelle à nous laisser glisser sur une pente ouest brillant de ses mille feux sous un soleil au zénith. Nous préférons maintenir l’idée initiale d’un retour par le chemin de montée. Après une petite pause roborative permettant au soleil de parachever son travail d’attendrir le manteau neigeux, nous nous lançons avec joie dans la pente et opérons les grandes courbes à la recherche du meilleur rebond.

A la faveur de la maison Serraz une nouvelle fois chaleureusement (au sens propre et figurée) ouverte aux invités cafistes que nous sommes, nous dînons et nous nous préparons à la course du lendemain, forts de cette première sortie revigorante.

Le réveil sonne à 4h15, quelques minutes après les 4 coups de cloches de l’Eglise du village, mitoyenne de la maison familiale. Nous nous mettons en ordre de marche avec l’émotion intérieure qu’un alpiniste peut ressentir à l’approche d’une grande course. Frontale vissée sur le casque, depuis le parking de Piau-Engaly, nous arpentons les pentes douces et progressives du vallon de Badet. Ayant repéré la veille l’épron-objectif, il nous est assez aisé d’encaper le bon couloir. L’enneigement est indiscutablement déficitaire mais la neige, lorsqu’elle existe, est très portante. Nous sommes dans l’obligation d’éviter un ressaut conséquent, niché au cœur du couloir, en procédant à des traversées plus ou moins élégantes dans un paysage désolant de touffes d’herbes hirsutes et de rocs instables lichéneux. Puis, d’’un coup d’un seul, nous nous extirpons vers la lumière éclatante du jour qui se lève en sortie de ce couloir.

Nous progressons joyeusement sur une arête aérienne assez bonhomme mais qui oblige à tester la qualité de chaque prise. Entre deux mouvements d’escalade, le sommet blanc vif du Pic du Campbieil s’offre à notre regard. « Mais qu’il est loin le bougre » me dis-je en mon fort intérieur. « La journée s’annonce résolument longue, voilà encore une nouvelle bambée, que seule la discipline de l’alpinisme peut offrir à ses adeptes de l’effort format longue durée ». Au total, au vu des conditions inégales nivologiques, un temps de près de 13h nous sera nécessaire pour ascensionner notre montagne du jour.

Après avoir atteint la cordillère de l’éperon, une succession d’arêtes enneigées se dessinent au loin devant nous, dévoilant ainsi un nouveau visage pour cette course, la prévalence de la neige. Les souvenirs de parcourir une arête étroite de neige séparant des à-pics vertigineux remontent dans la tête des uns et des autres. Arête Küffner, aiguille de Bionnassay, arête du couloir Copt,…et tant d’autres arêtes alpines.

La neige chauffée par un soleil radieux devient à son tour assez retorse et il convient de ponctuer notre progression en corde tendue de sections avec assurage via la confection de relais.

Nous atteignons, enfin, le sommet, ce sommet si loin ce matin, et désormais sous nos pieds avec une joie collective vive et précieuse.

C’est le moment de redescendre. Nous obliquons vers le couloir Sud Ouest du Pic et nous dévalons la pente pourvue d’une neige molle et tolérante pour nos jambes fourbues. Nous atteignons le versant ouest du col de Lanco de Capo, auréolés des derniers rayons de soleil de cette longue et belle journée.

Il ne nous reste plus qu’à nous laisser guider par la ligne de plus forte pente vers le point de départ, le parking de Piau-Engaly.

De retour chez Bruno, nous célébrons notre réussite collective et nous remémorons avec délice les grands moments de notre aventure vécue sur cette cime de caractère qu’est le Campbieil.  

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