Le dimanche ne s’annonçait pas fameux : pluie, vent violent en crête, risque d’avalanches élevé… Bref, tout ce qu’il faut pour inciter à rester au chaud. Mais nous sommes bien onze au départ, raquettes aux pieds et bonne humeur en bandoulière.
Après avoir annulé la destination initiale du Pic de Cour Vic, et quelques hésitations sur le choix du secteur, cap est mis sur la vallée d’Aure, où une croupe douce repérée sur la carte semble offrir un terrain sûr et accueillant.

À Grailhen, de beaux flocons nous accueillent. On s’élance sur un sentier forestier bien marqué, et dès 1 300 mètres, la neige devient suffisamment épaisse pour chausser. Plus haut, elle se fait plus généreuse… et plus lourde ! La progression devient un bel exercice collectif : chacun prend son tour pour ouvrir la trace, apprendre à lire le terrain, trouver le bon rythme. La forêt est silencieuse, les arbres ploient sous la poudreuse fraîche : un décor d’hiver.


En sortant des bois vers 1 600 mètres, la lumière change. La large croupe s’ouvre, dévoilant la vallée du Louron et les hauteurs de Peyragudes. Plus loin nous devinons Loudenvielle où un nuage se prend pour le lac. Au-dessus, les pics d’Estós et de Sarrouyes percent la nébulosité. La meteo est capricieuse: il fait beau… mais il neige!

Déjeuner au Tuc de Labatadière, auprès de la cabane que la tempête Nils a malmenée. Le toit s’en est allé, mais la vue, elle, reste imprenable. Quelques instants suspendus, avant de reprendre le chemin du retour sur une neige qui s’alourdit au fil de la descente. Le vent du sud a fait son œuvre : la croupe colle, la forêt apaise.

Une dernière portion sans neige nous ramène plus ou moins tranquillement jusqu’au village. Il est 15 h 30 : les raquettes sont rangées. Autour d’un café à Sarrancolin, on se répète ce constat : les plus belles sorties sont souvent celles qu’on croyait compromises.
Les participants: Nathalie co-encadre, Arnaud, Clément, Evgeny, Jean, Julien, Marius, Pauline, Yohan, Clémence