Vote utilisateur: 5 / 5

Etoiles activesEtoiles activesEtoiles activesEtoiles activesEtoiles actives
 

Vendredi 2 avril, Nicolas et François échangent des SMS et s’interrogent pour savoir si les consignes sanitaires permettront de réaliser le déplacement à Gavarnie pour ce week-end de Pâques prolongé ; le bulletin d’informations d’antenne 2 du soir est sans équivoque : « les déplacements sont tolérés jusqu’au lundi soir 19h » ; alors allons-y ! dans le respect des consignes sanitaires : masques pour tous dans les voitures et distanciation physique de rigueur par la suite.
Au programme : le Taillon, le tour du pic rouge de Pailla, le Tapou.

Samedi matin, 3 heures de route depuis le parking de l’université Paul Sabatier permettent d’arriver vers 9h30 à la station des Espécières ; le groupe « d’autonomes » chausse rapidement, et la montée au col de Tentes laisse entrevoir au loin, la trace pour le fameux Taillon à travers un nuage qui tout en se déchirant de temps en temps ne cesse de grossir et de s’épaissir.
Le groupe pousse jusqu’au port de Boucharo dans l’espoir d’un retournement météo, mais la sécurité impose de modifier le projet.

C’est donc le pic de Saint-André, puis le soum blanc des Espécières avec son couloir sud qui feront le bonheur des participants. Pour compléter la soif de dénivelé, le retour aux voitures se fera en passant par le « pic entre les ports ». Total 1250 m environ de dénivelé positif.

Dimanche matin, le soleil radieux et le ciel sans nuages nous remplissent d’espoir pour la réalisation du projet « Taillon ». C’est donc du même point que la veille, au parking de la station des Espécières que nous démarrons la randonnée. La montée au col de tentes est avalée en mode « détente » ainsi que le pénible passage à l’horizontal vers le port de Boucharo.

Les choses sérieuses commencent au pied du Taillon, où vers l’altitude 2450 m, nous chaussons les crampons pour franchir le premier ressaut ; nous ne les quitterons plus, même pour traverser le plat du bas du glacier des Gabiétous, et surtout pendant la traversée très aérienne au-dessus du glacier et des barres rocheuses, jusqu’au col des Gabiétous à 2935 m, et même jusqu’un peu plus haut vers 3050 m. Pour ces passages délicats Jean-François nous a forgé à coups de crampons et parfois creusé au piolet une trace impeccable ; qu’il soit ici remercié pour ces efforts.
La montée des 100 derniers mètres jusqu’au sommet à 3144 m s’effectuera skis aux pieds.

Du sommet, le paysage est grandiose et une demi-heure sera prise pour apprécier l’endroit.
Une superbe descente en terre espagnole jusqu’à 2740 m, dans la neige tout juste ramollie de la face sud, nous rapproche ensuite de la Brèche de Roland.
Après avoir remis les peaux, nous rejoignons celle-ci à 2807 m en une vingtaine de minutes. La solitude ne sera pas de mise puisque nous y trouvons beaucoup de volubiles espagnols et plusieurs groupes de skieurs français.

La descente côté nord de la brèche nous prendra plus de trois quarts d’heure du fait d’une part d’une dizaine de mètres bien glacés que certains ont préféré passer en crampons et d’autre part de la présence de ces différents groupes plus ou moins hésitants qui s’intercalaient entre nous.

La suite de la descente, après le col des Sarradets est un pur bonheur avec une neige majoritairement très souple, jusqu’à l’altitude de 1900 m environ.
Je remercie à ce propos Alain M. , Alexandre R. , Remi B. qui ont transmis sur camptocamp.org, la trace GPX de leur passage deux semaines auparavant, ce qui nous a permis de nous diriger sans hésitations à travers les barres rocheuses de l’endroit : https://www.camptocamp.org/outings/1293639/fr/taillon-par-le-col-des-gabietous-depuis-les-especieres

Remonter de 300 m au col de Tentes reste une épreuve à franchir : faut-il suivre le fond du vallon à skis jusqu’au port du Boucharo et revenir à plat par la traversée pénible ? Le groupe impulsé par Philippe et sa grande expérience met finalement les skis sur le sac et remonte à pied les pentes herbeuses de la face sud du col de Tentes, en passant par la Cabane des soldats.

Descente ensuite sans problème jusqu’aux voitures par les pistes de la station des Espécières.
Total : environ 1650 m de dénivelé positif pour ce dimanche.

Le dimanche soir, les concertations et les discussions sur l’état de la neige et surtout sur son absence sous les 2000 m conduisent au choix pour le lendemain, d’une course peu connue : le pic de Bouneu par le port de La Canau. Un bon dénivelé de 900 m mais sur une distance très courte qui laisse présager une pente importante pour du ski « engagé ». Le Bulletin d’estimation des risques d’avalanche ayant baissé sa prévision à risque 1 du fait du bon regel nocturne, le principal danger sera le risque de chute et nous espérons que le choix d’horaire nous permettra d’effectuer la descente en orientation nord, juste au moment où la neige commencera à dégeler en surface.

Le lundi matin, les dénivelés effectués la veille et l’avant-veille se ressentent dans les jambes des participants, mais tous sont motivés pour « envoyer » une dernière fois avant 4 semaines de confinement.

Nous dirigeons les voitures vers le cirque de Troumouse et les garons à l’altitude 1850 m après l’auberge du Maillet. Un peu de portage jusqu’aux lacets vers 1900 m nous permet d’observer longuement la pente à franchir.

Par quelques consignes fermes François dirige le groupe vers les pentes plus soutenues.
Vers 2100 m, certains préfèrent chausser les crampons et monter skis sur le sac, tandis que d’autres emmenés par Sophie et sa maîtrise des conversions en pente raide sortent magistralement à 2400 m dans le cirque très étroit du port de La Canau. Un pur bonheur pour les yeux et pour l’esprit !
La suite jusqu’au port de la Canau et ensuite jusqu’au pic de Bouneu se parcourra en mode « détente », en passant au pied d’une impressionnante coulée tombée quelques jours plus tôt avant le refroidissement du week-end.

Le couloir nord-ouest du pic de Bouneu permettra à François et Alain d’exercer leur maîtrise sur les pentes en neige dure, tandis que certains ajouteront un peu de dénivelé par une descente-remontée supplémentaire.

Au retour, le passage délicat (35 à 40°) de l’entrée du cirque s’est effectué posément à skis, et chacun a pu continuer sa descente en neige plus souple jusqu’aux voitures.

Les liens vers les photos :

samedi - soum blanc des Espécières:         https://photos.app.goo.gl/rHHZuHeK6d5cdwPDA

dimanche - le Taillon :                                   https://photos.app.goo.gl/4KsK6tVTVCDXkEmW7

lundi - port de La Canau, pic de Bouneu :  https://photos.app.goo.gl/EqrZVa7QrKYmd8Zx8

encadrants : François WEISS, Nicolas SANS, philippe SOLER

participants : Antoine, Yann, Gilhes, Jeff (Jean-François), Alain, Sophie, Pierre et Sophie (lundi)

compte-rendu par François WEISS