6 Participants : David, Anne-Kathrin, Marine, Sophie, Yves, Nathalie.
Encadrant : François WEISS
La météo de la semaine a été caractérisée par des chutes de neige abondantes et un vent violent du nord-ouest qui généraient un risque d’avalanches de niveau 4 ; ce risque s’est atténué pour le week-end, mais la vigilance s’imposait quant-au choix des itinéraires.
J’ai modifié les objectifs inscrits au programme comme suit :
- samedi 4 avril : Tarbesou par Mijanès et pic de Monpudou ;
- dimanche 5 avril : cap Del Port à partir du port d’Envalira ;
Plusieurs observations d’avalanches de plaques sur les faces nord ou nord-est confirmèrent cette nécessité de vigilance sur le choix des parcours ; par exemple à Ascou, à côté du téléski du Mounégou, dans la combe de Regalecia :

- Samedi 4 avril :
Il se raconte au club qu’un certain « Jeff » effectuait depuis Ascou, une rando en passant par la station de ski de Mijanès, qu’il engloutissait une assiette d’entrecôte-frites avant de poursuivre son itinéraire vers le Tarbesou.
J’ai voulu vérifier à partir de cette anecdote que le parcours était possible. Néanmoins, la station de Mijanès étant fermée, il ne nous a pas été possible de goûter l’entrecôte.
Nous avons effectué la boucle Ascou-Mijanès-Tarbesou-Ascou dans le sens horaire en passant par le pic de Monpudou par curiosité vis-à-vis de la station de Mijanès :

La station d’Ascou est fermée et la montée depuis le parking (1687 m) au col de Pailhères (1980 m) par la piste du téléski de Régalécia nous a permis de constater que le regel nocturne a été excellent.

Au col de Pailhères, la descente vers l’est sur une neige tout juste réchauffée fut un régal.


A partir de l’altitude 1700 m, la neige est devenue plus lourde et la descente fût ralentie par la forêt assez dense jusqu’aux replats de la station de Mijanès.

Pas d’entrecôte donc, mais une courte pause avant de remettre les peaux de phoques et de partir direction sud-ouest sur les pistes de la station.



Sur la faible largeur de piste, une quarantaine de traversées avec conversions auront été nécessaires pour arriver jusqu’au replat au sommet du téléski. La crête est ensuite assez débonnaire.

La pause-repas s’est effectuée sur le plat de Monpudou, avec en ligne de mire le Pic de Monpudou, le Pic de la Coumeille de l’Ours et le Tarbesou.

C’est lors de la progression sur la crête entre le pic de Monpudou et la Coumeille de l’ours, que s’est située la partie plus irrégulière du parcours : en bord de forêt nous avions des congères formées par le vent qu’il ne fallait pas trop emprunter au risque de se trouver sur une corniche versant sud, et dans la forêt côté nord, des arbres assez serrés qu’il fallait contourner malgré la pente.


Au col de la Coumeille de l’ours (2180 m), nous avons regardé avec envie la somptueuse descente plein sud vers les étangs de Rabassoles, mais le projet du jour était de terminer la boucle par le Tarbesou (2364 m).


La crête nord du Tarbesou était bien dégelée et, lors de sa descente, peu d’entre nous furent gênés par les irrégularités formées par le vent.

Nous avons visé la piste du téléski du Mounégou pour finir la journée et se régaler sur de la neige juste ramollie, à surface régulière.

David en profita même pour utiliser la position « télémark » de ses fixations.

Au pied du téléski, une proposition fut émise pour « traiter » le Sarrat des Chèvres, mais la plupart d’entre nous étions satisfaits des 1150 m de D+ réalisés et cette proposition fut abandonnée.
Retour au minibus donc et direction le gîte de « l’hospitalité » de l’Hospitalet où Fatima nous avait préparé un succulent risotto aux cèpes, girolles et morilles.
- Dimanche 5 avril :
Après une bonne nuit de sommeil, un petit déjeuner pris à 7h, nous partîmes en direction du col du Puymorens avec l’intention de faire une boucle incluant le vallon d’En Garcia, le Riou de Cortal Rosso et la crête de Serra de Lloses.
Mais sur la montée au col, la vision de cette crête dégarnie par le vent nous fit faire demi-tour.

Nous prîmes alors la direction du Port d’Envalira, avec en tête le plan B du Tosa de Siscaro (2816m) situé au nord du port.
Depuis le port d’Envalira (2408 m), la première montée se fit jusqu’au Pic Del Maïa (2615 m) ;

De ce sommet, on aperçoit vers le nord l’objectif prévu du Tosa de Siscaro.

Mais de ce point de vue, plutôt que le Tosa de Siscaro, un autre sommet plus proche nous parût tout aussi intéressant pour la skiabilité ; il s’agit du Cap Del Port (2752 m) ;
Nous espérions qu’avec le bon regel nocturne et malgré la chaleur prévue, ses faces nous fourniraient au cours de la journée la meilleure qualité de neige : sud-est pour le matin et sud-ouest pour l’après-midi.
Et ce fut une bonne intuition ! la trace ci-dessous représente le parcours de la journée avec un total de 1250 m D+.

La descente vers le Riu de Sante Josep se fit majoritairement sur des pentes orientées Est ou Nord-est déjà bien réchauffées et d’excellente skiabilité.

Seule ombre au tableau de la journée : des traces de moto-neige et de temps en temps des passages de celles-ci, comme souvent malheureusement dans les vallons andorrans.
Arrivés à la cote 2220 m près du refugi de la Portella, nous remontons donc par le versant sud-est de l’objectif, avec mise en place des couteaux par sécurité dans les zones encore à l’ombre ;


Le petit lac gelé à 2757 m nous offre une possibilité de pause sur le plat ; puis un ressaut rocheux sur la crête sud nous donne un point de repère pour une partie du groupe qui ne fera pas la deuxième remontée jusqu’au sommet.



Pour la descente : tout le groupe descend face Sud et Est jusqu’au petit lac avec une neige de qualité telle qu’imaginée ;

Puis tout le groupe remonte jusqu’au ressaut rocheux ; ensuite une partie refait le sommet ; et on se regroupe au ressaut rocheux pour finir la descente.

Descente sur la face sud-ouest, avec une neige toujours au top comme prévu !


La pause repas est faite vers 13h en fond de vallon, avant la remontée vers le pic del Maïa.


La redescente vers le port d’Envalira se fit ensuite dans une neige un peu collante mais on s’en est sortis sans trop pousser sur les bâtons.
Le départ pour Toulouse est fait vers 16h, la pause prévue au café de l’Hospitalet n’a pas pu se faire pour cause de fermeture mais c’est une grande satisfaction pour chacun d’avoir pu réaliser ces deux journées avec un dénivelé plus qu’honorable, des parcours des plus sympathiques et une neige de rêve, le tout dans la plus grande convivialité.
François WEISS